Les recommandations officielles se heurtent pourtant à la réalité du terrain.
Un professionnel sédentaire, travaillant sur un poste fixe, dispose de solutions permettant d'améliorer durablement son environnement de travail : écran externe, clavier dédié, souris ergonomique, siège adapté.
Pour le professionnel nomade, en revanche, la réalité est tout autre. Enchaîner les cafés, les trains et les halls d'hôtel laisse peu de place à l'aménagement, et les solutions pensées pour un poste fixe ne s'appliquent pas.
Face à ces contraintes, plusieurs solutions ont émergé. Toutes présentent des limites qui expliquent pourquoi elles peinent à s'imposer durablement dans le quotidien des professionnels nomades.
Le support d'ordinateur pliable :
C'est la solution la plus évidente et la plus accessible, celle vers laquelle se tournent naturellement la plupart des professionnels. Le constat est généralement le même : le support fonctionne techniquement, mais il est abandonné en pratique au bout de quelques semaines, pour des raisons qui tiennent toutes à l'usage quotidien.
- Il est souvent oublié à la maison ou au bureau.
- Il alourdit et encombre un sac déjà chargé.
- Il doit être sorti, déplié et installé à chaque session de travail.
- Pour une session courte dans un café entre deux rendez-vous, le temps d'installation décourage son utilisation.
Les accessoires de travail externes (clavier et souris) :
Ces accessoires semblent, de prime abord, compléter aisément l'usage du support d'ordinateur. En pratique, ils supposent des équipements supplémentaires à transporter, des câbles à gérer et des niveaux de batterie à anticiper, autant de contraintes difficilement compatibles avec un usage quotidien.
Le coworking ou les bureaux de passage :
Le coworking ou les bureaux de passage représentent une solution pertinente, sous réserve de disponibilité. Leur usage suppose une planification, réservation, déplacement et abonnement inclus, difficile à concilier avec les aléas d'un agenda nomade.
Le statu quo :
Faute de solutions durables, la douleur s'impose progressivement comme une réalité inhérente au travail nomade. Plusieurs études convergent sur ce constat : selon une recherche publiée en 2020 (Alon et al.), près de 70 % des travailleurs ayant basculé sur un mode de travail nomade ou à distance ont développé de nouveaux troubles musculo-squelettiques ou ont vu leurs symptômes existants s'aggraver avec des douleurs principalement localisées au cou, aux épaules et au bas du dos.